Penser le droit de demain
Le droit au service de l'humanité et du vivant
Le droit est l'une des plus extraordinaires constructions intellectuelles de l'humanité. Il organise nos sociétés, définit nos libertés, protège nos droits et détermine les relations que nous entretenons les uns avec les autres.
Mais le droit n'est pas immuable. Il évolue avec les sociétés, leurs connaissances, leurs contradictions et leurs aspirations.
Après quinze années consacrées aux relations internationales, à l'intelligence économique et à la lutte contre la corruption, j'ai choisi de reprendre des études de droit afin d'approfondir les questions qui traversent depuis longtemps mes travaux et mes engagements.
Mon approche se situe à la rencontre du droit, de la philosophie, de l'économie, de la géopolitique et de la littérature.
Une question guide mes recherches : comment faire évoluer nos systèmes juridiques pour mieux protéger la liberté, la dignité humaine et le vivant ?
Personnalité juridique de la nature et droit des obligations
Peut-on reconnaître des droits à la nature ?
Nos systèmes juridiques reposent largement sur une distinction fondamentale entre les personnes, sujets de droit, et les choses, objets de droit.
Cette construction, qui a accompagné le développement de nos sociétés modernes, mérite aujourd'hui d'être interrogée à la lumière des bouleversements environnementaux.
Dans plusieurs régions du monde, des fleuves, des écosystèmes et des entités naturelles ont déjà fait l'objet de mécanismes de reconnaissance juridique.
Ces évolutions soulèvent des questions essentielles.
Si la nature peut devenir sujet de droit, qui peut la représenter ? Quels droits peut-on lui reconnaître ? Quelles obligations nouvelles pourraient en découler pour les personnes physiques, les entreprises et les institutions ? Comment articuler cette reconnaissance avec les principes fondamentaux du droit des obligations ?
Mes recherches portent particulièrement sur ces interrogations, à la croisée du droit civil, du droit de l'environnement et de la théorie générale du droit.
Reconnaître juridiquement le vivant ne consiste pas seulement à protéger la nature. Cela nous invite à repenser la place que l'humanité s'attribue dans le monde.
Droits fondamentaux et valeur de la vie humaine
Que vaut une vie humaine ?
Cette interrogation traverse mon œuvre littéraire et mes réflexions juridiques.
Les droits humains reposent sur l'affirmation de la dignité et de l'égale valeur des êtres humains. Pourtant, leur mise en œuvre se heurte aux inégalités économiques, aux rapports de pouvoir, à la corruption et aux intérêts géopolitiques.
Je m'intéresse particulièrement à la protection des droits des femmes et des enfants, aux libertés individuelles et aux mécanismes juridiques permettant de défendre les personnes face aux abus de pouvoir.
Ces réflexions prolongent mon expérience internationale et mon engagement dans la lutte contre la corruption.
Elles interrogent également les relations entre les droits fondamentaux, les systèmes économiques et les choix politiques qui déterminent notre avenir collectif.
Souveraineté, responsabilité et transformations du droit
Les transformations contemporaines nous obligent à repenser les notions de souveraineté et de responsabilité.
La mondialisation des activités économiques, les enjeux environnementaux et les rapports entre États, entreprises et citoyens soulèvent de nouvelles questions juridiques.
Comment concilier souveraineté nationale et protection de biens communs mondiaux ? Comment renforcer la responsabilité des acteurs économiques ? Comment préserver les libertés fondamentales dans un monde marqué par des interdépendances croissantes ?
Ces questions nourrissent mes travaux, avec une attention particulière portée aux évolutions du droit et aux nouvelles formes de responsabilité.