Rechercher
  • carolinecouronne

"La violence appelle la violence"

La situation en Ukraine ne peut et ne saurait me laisser indifférente. Pays que j'ai découvert en 2004, au cours d'un projet mené entre Kiev, Odessa, Yalta, Donetsk, et Mariupol, j'y suis restée trois mois, sur place afin de comprendre et analyser le secteur sidérurgique. Notre chauffeur de l'époque "Pavel", roulant dans sa vielle Lada, et notre secrétaire, Mariana, élevant seule son fils, et ne se nourrissant que de pates et de chocolat, tellement la vie était chère pour les habitants, m'ont donné de véritables leçons de vie, de simplicité.

Puis il y a eu le voyage en voiture entre Yalta, et Donetsk, conduits par un chauffeur Tatar, qui nous a parlé essentiellement en langue turque. Il y a eu la rencontre folle avec le plus grand oligarque du Donbass, à la tête de toutes les mines de charbon, dont les multiples entreprises rapatrient les revenus dans des filiales opaques en Suisse, les visites de site à Mariupol, la traversée du pays dans un Antonov-24 tout pourri, dont le pilote, à moitié ivre pendant le vol, a moyennement réussi l'atterrissage en perpendiculaire sur les pistes d'atterrissage de Donetsk après avoir longé le Dniepr. A chaque fois, de larges sourires, malgré la pauvreté, malgré la vie rude, malgré les personnalités hautes en couleur, malgré le froid, malgré tout. Ce pays m'a touchée, beaucoup.


Puis je suis partie en Russie, pendant six mois. Et encore une fois, les rencontres avec des gens fiers, éduqués, littéraires, menant chacun une vie faite souvent de survie, de dure labeur, de résilience. Comment imaginer un tel déchainement de violence entre des peuples? Le monde entier connait ces luttes depuis toujours, et aujourd'hui encore partout ailleurs dans de nombreux lieux. Nous atteignons ici une forme de paroxysme, où la violence ne cesse d'appeler la violence, une escalade dans les mots, dans les propos, dans les actes, de tous côtés. Des nôtres également, avec des dirigeants utilisant sans cesse des propos guerriers, durs, obscurs.


Dans tout conflit, il n'y a que l'écoute de l'autre, la recherche du dialogue, la véritable empathie qui peut rendre un peu de douceur à la rencontre. Martin Luther King rappelait "L'obscurité ne peut chasser l'obscurité, seule la lumière le peut. La haine attise la haine, la violence appelle la violence, et la dureté renforce la dureté". Avec humilité, et sobriété, j'en appelle donc à tous à rechercher la lumière, et chacun d'entre nous à être des forces de lumière, afin de sortir de cet engrenage de dureté.


A l'image de cette photo prise à Yalta, en 2004, la douceur des enfants nous rappelle que ce monde doit, et peut être meilleur. Nous sommes à un croisement des chemins de notre Humanité.






15 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout